L’adhésion de l’enfant à la thérapie motrice induite par la contrainte

Introduction : Depuis le milieu du XXème siècle, des thérapies basées sur la réorganisation corticale se développent, comme la thérapie motrice induite par la contrainte. Cette dernière, est aujourd’hui mise en place chez les enfants présentant une hémiplégie cérébrale infantile. Elle est basée sur la contention du membre supérieur sain pour favoriser l’utilisation du membre atteint. Cependant, auprès de ce public, elle est difficile à mettre en œuvre, puisqu’elle est « contraignante ». Il est donc difficile de faire adhérer les enfants à cette thérapie.
Problématique : En pratique, comment l’ergothérapeute peut-il mettre un place un processus de thérapie par la contrainte induite, afin que des enfants présentant une paralysie cérébrale puissent adhérer à ce programme ?
Hypothèse : L’ergothérapeute, par l’utilisation de la Mesure Canadienne du Rendement Occupationnel, peut fixer des objectifs à atteindre avec l’enfant en fonction des problèmes qu’il rencontre dans ses activités de vie quotidienne. Ces objectifs seront travaillés spécifiquement lors de la thérapie par la contrainte induite, et l’ergothérapeute pourra aider l’enfant à transposer les acquis dans la vie quotidienne, en intégrant une thérapie bi-manuelle en parallèle de la thérapie contrainte. Cela permettra à l’enfant de comprendre l’utilité de cette technique, de pouvoir apprécier l’évolution de l’atteinte des objectifs et ainsi, il pourra mieux adhérer au programme.
Méthode : Cinq ergothérapeutes, mettant en place la thérapie motrice induite par la contrainte auprès d’enfants présentant une hémiplégie cérébrale infantile, ont été rencontrés lors d’entretiens semi-dirigés.
Résultats : Il apparait que la participation de l’enfant à la définition des objectifs favorise son adhésion. Le transfert des acquis dans le quotidien est essentiel : l’enfant peut observer une amélioration de ses capacités dans les activités de vie quotidienne, et cela peut améliorer son adhésion à la thérapie induite par la contrainte. Ce transfert peut se faire par le biais de la thérapie bi-manuelle associée à des objectifs de vie quotidienne.
Conclusion : Malgré des facteurs favorisant l’adhésion, un doute est émis sur les capacités cognitives de l’enfant à « adhérer » à une thérapie. La motivation semble être plus adaptée et plus facile à acquérir pour un enfant.

  • APOLLINE PROST-MOREL
  • 2016
  • thérapie motrice induite par la contrainte, paralysie cérébrale, hémiplégie cérébrale infantile, adhésion, participation, ergothérapie, modèle canadien du rendement occupationnel et de participation (MCRO-P)
  • constraint-induced movement therapy (CIMT), cerebral palsy, hemiplegia, hemiparesis, adhesion, participation, occupational therapy, Canadian Model of Occupational Performance (CMOP)
  • Introduction: Since the XXth century, therapies based on cortical reorganization have been developing, such as constraint induced movement therapy. This therapy is currently used with children who have congenital hemiplegia. It is based on restraining the healthy upper limb, to foster the use of the hemiplegic limb. However it is difficult to implement this technique with children because it is a “restrictive” therapy. So it is difficult to make children want to participate in this therapy.
    Issue: In practice, how could the occupational therapist implement a process of constraint induced movement therapy, so that children with cerebral palsy could join this program and adhere to it ?
    Hypothesis: The occupational therapist, with the use of Canadian Occupational Performant Measure, can set goals with the child, according to the difficulties he/she is confronted with in his/her daily life activities. These goals will be worked specifically in constraint induced movement therapy. The occupational therapist will help the child transpose gains in daily life activities by using bi-manual therapy in parallel with constraint induced movement therapy. The child can understand the need of this technique, and can appreciate the goals achieved. Thus, he/she will be better involved.
    Method: Five occupational therapists who put in place constraint induced movement therapy with children with suffering of congenital hemiplegia, were met in semi-structured interviews.
    Results: It actually appears that the child’s participation in setting the goals foster his/her adhesion. Transferring the benefits to daily life is essential: the child can observe an improvement of his/her capacities in daily life activities, which can improve his/her adhesion to constraint induced movement therapy. Connecting bimanual therapy to daily life goals can help achieve this transfer.
    Conclusion: In spite of factors fostering adhesion, doubts on children’s cognition to “adhere” to a therapy appear. Motivation appears to be more appropriate and easier to acquire for a child.

  • ISTR - Département Ergothérapie (Rhône Alpes)
  • PROST-MOREL Apolline-83112e0e