Le raisonnement clinique de l’ergothérapeute utilisant le Modèle Kawa pour accompagner les patients souffrant de trouble des addictions

Le raisonnement clinique de l’ergothérapeute qui utilise le Modèle Kawa pour accompagner les patients souffrant de trouble de l’addiction
Introduction: Les patients souffrant de trouble des addictions rencontrent, dans leurs activités quotidiennes,des difficultés qui nécessite une approche biopsychosociale dans la prise en soin. Cette approche s’inscrit dans le nouveau paradigme contemporain de la pratique de l’ergothérapie actuelle. Dans le cadre de cette recherche, le modèle Kawa apparaît comme pertinent, cependant il reste sous-utilisé dans la pratique professionnelle courante de l’ergothérapie.
Objectif: Cette étude a pour objectif d’examiner le lien entre le raisonnement clinique des ergothérapeutes et leur utilisation du modèle Kawa dans la prise en charge des patients souffrant de trouble des addictions.
Méthode: Une approche qualitative a été adoptée dans un cadre hypothético-déductif. En s’appuyant sur la littérature, les hypothèses ont été testées au moyen d’entretiens semi-structurés menés auprès de trois ergothérapeutes prenant en charge des patients souffrant de trouble des addictions.
Résultats: Les résultats ont montré que le raisonnement clinique interactif et narratif étaient les principaux raisonnements soutenant l’utilisation du modèle de Kawa en ergothérapie. Toutefois, un même ergothérapeute fait coexister dans le même temps les raisonnements scientifiques et anti-positivistes. Deux ergothérapeutes ont indiqué utiliser le modèle transthéorique du changement dans leur pratique, ce dernier influence leur pratique et leur choix d’outils d’évaluation et de modèles conceptuels. Aucun consensus n’a été établi concernant le moment opportun pour utiliser le modèle Kawa ni la structure de son évaluation.
Conclusion: Le modèle Kawa semble être un outil pertinent et centré sur la personne dans la prise en charge des patients souffrant de trouble des addictions, mais son utilisation dépend de la disposition du patient, du contexte thérapeutique et du raisonnement clinique du thérapeute. Ces résultats suggèrent que le moment de l’intervention est un facteur clé en pratique. Des recherches supplémentaires devraient explorer la relation entre l’autonomisation, l’alliance thérapeutique et l’utilisation du modèle Kawa.

  • Paul GOURBAULT
  • 2026
  • Addiction, Modèle conceptuel, Modèle transthéorique du changement, Modèle Kawa, Raisonnement clinique
  • Addiction, Clinical reasoning, Conceptual model, Kawa model, Substance use disorder, Transtheoretical model of behaviour change
  • The clinical reasoning of occupational therapists using the Kawa Model to care for patients with addiction disorders
    Introduction: Addiction disorders are associated with impairments in daily functioning, highlighting the need for a biopsychosocial approach. This approach is aligned with the contemporary paradigm of occupational therapy. In this context, the Kawa model appears particularly relevant, yet it remains underused in current practice.
    Purpose: This study aims to explore the relationship between occupational therapists’ clinical reasoning and their use of the Kawa model in the care of patients with addiction disorders.
    Methods: A qualitative design was used within a hypothetico-deductive framework. Drawing on the literature, hypotheses were tested through semi-structured interviews with three occupational therapists caring for patients with addiction disorders.
    Results: The results showed that interactive and narrative clinical reasoning were the main approaches supporting the use of the Kawa model in occupational therapy practice. Nevertheless, scientific and anti-positivist reasoning could coexist within the same therapist. Two occupational therapists reported using the transtheoretical model of behaviour change, which influenced their practice and choice of assessment tools and conceptual models. There was no consensus regarding the timing of the use of the Kawa model and the structure of its assessment.
    Conclusion: The Kawa model appears to be a relevant and person-centred tool in addiction care, but its use depends on the patient’s readiness, the therapeutic context, and the therapist’s clinical reasoning. These findings suggest that the timing of intervention is a key issue in practice. Further research should explore the relationship between empowerment, therapeutic alliance and Kawa model use.

  • Rouen
  • Paul-GOURBAULT